Historique

Préambule.

Le rédacteur n’étant pas historien de formation et ayant participé à la création d’AGILE, le texte ci-dessous ne peut qu’être subjectif et incomplet. Le lecteur de bonne volonté le comprendra aisément et proposera les corrections qui s’imposent.

La préhistoire : un paysage LGBT semi-désertique.

En 1995, les lieux commerciaux homos se limitent à un sauna et un bar. Existent à Clermont-Ferrand deux associations homosexuelles, David et Jonathan et Rando’s Auvergne. Les statuts de cette dernière ne font pas ouvertement référence à l’homosexualité ; Rando’s Auvergne compte péniblement une vingtaine de membres, David et Jonathan une quinzaine.
En 1997, un petit groupe de gays et lesbiennes crée le Journal Gay et Lesbien (JGL), trimestriel gratuit.
Même si Rando’s Auvergne compte peu de membres, et uniquement des garçons, elle est active. Elle a des contacts avec Cigale, Collection incroyable de gays et lesbiennes, une association dijonnaise. Au cours d’un week-end en Bourgogne, les Auvergnats se disent qu’ils pourraient peut-être imiter Cigale, une association de plus de cent membres, qui fédère des gays et des lesbiennes. D’autre part, Rando’s a vu passer en son sein des lesbiennes, qui n’y sont pas revenues, faute d’adhérentes. Le conseil d’administration de l’époque regrette cet état de fait et organise, après publicité, une rencontre pour femmes dans un bar du boulevard Trudaine : c’est le succès puisqu’une vingtaine de lesbiennes viendront au rendez-vous.
Pendant ce temps, le Cadis-Crips et AIDES-Auvergne font de la prévention et prennent contact avec Rando’s. Le Cadis organise une projection de courts métrages sur le thème du sida dans un cinéma du centre ; gays et lesbiennes s’y rencontrent, des contacts se nouent.
La création d’AGILE n’est pas loin.

La période historique…

Une naissance sans douleur

Pendant l’hiver 97/98, une réunion informelle est organisée à l’initiative de ces quatre associations et du JGL. Olivier B., intéressé à titre personnel, se joint au groupe. L’enthousiasme est d’autant plus grand que les besoins de représentation des gays et lesbiennes auvergnates sont importants. Le groupe décide d’agir vite et d’organiser au printemps une première manifestation. On écarte d’emblée une gay pride : la visibilité des homosexuel-le-s auvergnat-e-s ne permet guère un défilé et la gay pride ne convient guère à la retenue traditionnelle des autochtones. On décide donc d’organiser une semaine de manifestations autour de l’homosexualité : ce seront les premières Homosaïques, nom trouvé après de nombreuses heures d’intense cogitation. Il faudra également donner un nom au groupe fondateur ; à l’image de la Cigale dijonnaise et dans l’euphorie, ce sera AGILE, assemblée des gays impertinents et des lesbiennes endiablées.

Les premières Homosaïques

Leur objectif a été défini d’emblée : cette manifestation doit se dérouler dans des lieux publics et s’ouvrir au plus grand nombre. Au programme : des débats, des films et des soirées conviviales. Elle dure une semaine et rencontre un succès certain ; on y voit des têtes nouvelles et la presse locale présente fort bien l’événement. De nombreux participants viennent trouver les organisateurs pour adhérer à AGILE, mais AGILE n’est pas encore tout à fait prêt. Avant de s’ouvrir, il faut définir une ligne politique.

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